Perry-The-Winkle

Perry-The-Winkle est un poème dont j’aime beaucoup le caractère enfantin assumé, supposément écrit par Sam Gamegie. Voilà la traduction des six premières strophes. Pour des explications supplémentaires, je vous invite à consulter la version commentée. Bonne lecture!

The Lonely Troll he sat on a stone
And sang a mournful lay:
« O why, O why must I live on my own
In the hills of Faraway ?
My folk are gone beyond recall
And take no thought of me;
Alone I’m left, the last of all
From Weathertop to the Sea. »
 
« I steal no gold, I drink no beer,
I eat no kind of meat;
But People slam their doors in fear,
Whenever they hear my feet.
O how I wish that they were neat,
And my hands were not so rough!
Yet my heart is soft, my smile is sweet,
And my cooking good enough. »

« Come, come! » he thought, « this will not do!
I must go and find a friend;
A-walking soft I’ll wander through
The Shire from end to end. »
Down he went, and he walked all night
With his feet in boots of fur;
To Delving he came in the morning light,
When folk were just astir.

He looked around, and who did he meet
But old Mrs. Bunce and all
With umbrella and basket walking the street;
And he smiled and stopped to call:
« Good morning, ma’am! Good day to you!
I hope I find you well? »
But she dropped umbrella and basket too,
And yelled a frightful yell.

Old Pott the Mayor was strolling near;
When he heard that awful sound,
He turned all purple and pink with fear,
And dived down underground.
The Lonely Troll was hurt and sad:
« Don’t go! » he gently said,
But old Mrs. Bunce ran home like mad
And hid beneath her bed.

The Troll went on to the market-place
And peeped above the stalls;
The sheep went wild when they saw his face,
And the geese flew over the walls.
Old Farmer Hogg he spilled his ale,
Bill Butcher threw a knife,
And Grip his dog, he turned his tail
And ran to save his life.

Un pauvre troll, dans son domaine,
Se plaignait d’être esseulé
« Oh pourquoi dois-je vivre par moi-même
Dans ces collines reculées
Mon peuple a fui, je m’en souviens
Et ils n’ont cure de leur pair
Et me voilà, dernier des miens
Des Monts venteux à la Mer. »
 
« Je ne bois pas, ne suis pas voleur,
Je ne mange pas même de viande,
Mais les gens claquent leurs portes par peur
Quand au loin ils m’entendent.
Oh j’aimerais bien que mon aspect
Ne soit pas si menaçant
Car mon cœur est tendre si mon corps effraie
Et je ne suis pas sans talent. »

« Allons, allons, suffit les pleurs
Je dois me faire un ami;
Et d’un pas calme, je vais sur l’heure
Traverser le pays. »
Il s’en alla, le soir venu,
Dans ses sabots usés
Et quand le clair matin fut
En ville il posa pied.

À ses devants, mais qui vit-il?
La vieille madame Rosa
Panier à la main l’air tranquille;
Le troll l’apostropha :
« Bonjour gente dame! Salutations! »
Et Rosa de se tourner
Mais à cette calme introduction
Tous l’entendirent crier.

Puis le vieux maire, non loin de là,
Quand le son vint le surprendre
Devint tout blême de peur, d’effroi
Et courut sans attendre.
Le pauvre troll n’en pouvait plus :
« Restez, je vous en prie! »
Mais dame Rosa avait disparue
Cachée dessous son lit!

Au marché se rendit le troll,
Voulant se faire discret,
Mais une chèvre à sa vue devint folle
Et les oies s’enfuyaient.
Le vieux père Hogg cracha sa bière
Le boucher s’évanouit
Et Grip son chien, en sens contraire,
Pour sa peau, déguerpit

Écrit par J. R. R. Tolkien
Publié dans Les aventures de Tom Bombadil
Traduit par François-Félix Roy

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