Sir Patrick Spens

« Sir Patrick Spens », intitulée « Le comte de Flandre » dans ma traduction (voir la version commentée), est une ballade d’origine écossaise. J’ai fait ici la traduction et l’interprétation de la version chantée dans l’album Child Ballads d’Anais Mitchell et Jefferson Hamer, dont je parle dans l’introduction à cette section.

 

The king sits in Dumfermline town
Drinking the blood red wine
Where can I get a good captain
To sail this ship of mine?
Then up and spoke a sailor boy
Sitting at the king’s right knee
« Sir Patrick Spens is the best captain
That ever sailed to sea »
 
The king he wrote a broad letter
And he sealed it with his hand
And sent it to Sir Patrick Spens
Walking out on the strand
« To Norroway, to Norroway
To Norway o’er the foam
With all my lords in finery
To bring my new bride home »

The first line that Sir Patrick read
He gave a weary sigh
The next line that Sir Patrick read
The salt tear blinds his eye
« Oh, who was it? Oh, who was it?
Who told the king of me
To set us out this time of year
To sail across the sea »

« But rest you well, my good men all
Our ship must sail the morn
With four and twenty noble lords
Dressed up in silk so fine »
« And four and twenty feather beds
To lay their heads upon
Away, away, we’ll all away
To bring the king’s bride home »

« I fear, I fear, my captain dear
I fear we’ll come to harm
Last night I saw the new moon clear
The old moon in her arm »
« Oh be it fair or be it foul
Or be it deadly storm
Or blow the wind where e’er it will
Our ship must sail the morn »

They hadn’t sailed a day, a day
A day but only one
When loud and boisterous blew the wind
And made the good ship moan
They hadn’t sailed a day, a day
A day but only three
When oh, the waves came o’er the sides
And rolled around their knees

They hadn’t sailed a league, a league
A league but only five
When the anchor broke and the sails were torn
And the ship began to rive
They hadn’t sailed a league, a league
A league but only nine
When oh, the waves came o’er the sides
Driving to their chins

« Who will climb the topmast high
While I take helm in hand?
Who will climb the topmast high
To see if there be dry land? »
« No shore, no shore, my captain dear
I haven’t seen dry land
But I have seen a lady fair
With a comb and a glass in her hand »

« Come down, come down, you sailor boy
I think you tarry long
The salt sea’s in at my coat neck
And out at my left arm »
« Come down, come down, you sailor boy
It’s here that we must die
The ship is torn at every side
And now the sea comes in »

Loathe, loathe were those noble lords
To wet their high heeled shoes
But long before the day was o’er
Their hats they swam above
And many were the feather beds
That fluttered on the foam
And many were those noble lords
That never did come home

It’s fifty miles from shore to shore
And fifty fathoms deep
And there lies good Sir Patrick Spens
The lords all at his feet
Long, long may his lady look
With a lantern in her hand
Before she sees her Patrick Spens
Come sailing home again

Le roi siégeait sur son trône
Un jour, demandant :
« Y a-t-il un bon capitaine
Pour mener mon bâtiment? »
Lors déclare un jeune marin
Au roi et son entourage
« Le comte de Flandre est le meilleur qui
Ait jamais pris le large »
 
Le roi fit faire une longue lettre
Et y apposa son sceau
L’envoya au comte de Flandre
Qui la lut aussitôt
« Vers la Norvège, vers la Norvège
De mes seigneurs accompagnés
Fendez l’écume afin de
Me ramener ma fiancée »

Lorsque le comte prit connaissance
De la requête du roi
Le désespoir gagna son cœur
Tout haut il demanda :
« Qui donna au roi mon nom
Pour mener ce voyage
À travers le Nord hostile,
Le froid et les orages? »

« Mais dormez bien, chers matelots,
Nous partirons au matin
De vingt seigneurs accompagnés
Tout vêtus de draps fins
Avec vingt doux lits de plumes
Chargés à notre bord
Allons ramener la promise
De notre roi à bon port »

« Je crains, je crains, ô capitaine
Que le danger nous guette
Hier soir j’ai cru voir dans le ciel
Un présage de tempête »
« Que soit clément ou belliqueux
Cet océan lointain
Que le vent souffle comme bon lui semble
Nous levons l’ancre au matin »

À peine eurent-ils passé au large
Une journée entière
Que la houle s’intensifia
Et les planches en grincèrent
À peine eurent-ils passé au large
Une courte semaine
Que les bourrasques fouettèrent le mât
Et déchirèrent la misaine

À peine eurent-ils navigué
Cinq lieues en mer
Que l’ancre se brisa, le cordage rompit
Et des mâts s’effondrèrent
À peine eurent-ils navigué
Neuf lieues au large
Que les vagues vinrent, de bord en bord,
Se jeter sur l’équipage

« Qui grimpera au dernier mât
Quand je saisis la gouverne?
Qui grimpera au dernier mât
Pour guetter la terre ferme? »
« Nulle terre en vue, ô capitaine
Je n’ai vu nul rivage
Mais j’ai vu une grande dame
Voilée par l’orage »

« Descend, descend, ô matelot,
Tu t’attardes, je le crains
Nous sommes prisonniers de la tempête
Entre vagues et vents marins
Descend, descend, ô matelot
Notre mort est assurée
Le bateau n’est plus qu’une épave
Et la mer vient s’engouffrer

Les seigneurs répugnaient à
Mettre leurs belles bottes à l’eau
Mais bien avant que le jour décline
Seuls flottaient leurs chapeaux
Nombreux furent les lits de plumes
Qui dans les flots noirs sombrèrent
Et nombreux furent les seigneurs qui
Ne revirent jamais la terre

À cinquante lieue de toute côte
Et cinquante brasses en profondeur
Là gît le bon comte de Flandre
Entouré de maints seigneurs
Longtemps attendra son épouse
Une lanterne à la main
Avant que ne revienne vers elle
Le plus grand des marins

« Le comte de Flandre »
Written by Anais Mitchell and Jefferson Hamer
Published by Treleven Music/Candid Music Publishing Ltd. administererd by It’s Only About Music (ASCAP) and Clairvoyant Dwarf (BMI)

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