Rose Latulipe

Rose Latulipe est un des contes québécois les plus connus. Bien entendu, en raison de la nature des contes, plusieurs versions existent et comportent leurs différences avec les autres. La version que je vais présenter n’est pas plus valable que les autres; seulement, c’est celle que j’ai toujours connue.

Rose Latulipe est un conte bien ancré dans le passé fortement catholique du Québec, puisque l’histoire prend place la veille du carême. Monsieur Latulipe, qui organise la fête, prévient que celle-ci devra se terminer avant minuit, puisque le lendemain sera dédié à la pénitence. Rose, jeune et jolie, danse encore et encore, jusqu’à danser avec un inconnu. L’inconnu – qui bien évidemment est le diable – danse avec une grâce et un talent hors-normes, si bien qu’il l’entraîne et lui fait dépasser minuit. Suite à quoi il disparaît. En guise de pénitence, Rose vieillit d’un coup.

Évidemment, un tel conte présente une morale d’une autre époque. « N’abusez pas des plaisirs futiles de la vie, jeunes gens, ou il vous perdront! », pourrait-on entendre dire le curé du village, une fois le conte terminé. C’est donc une histoire que j’aime bien, mais que j’ai voulu adapter pour la rendre plus proche de mes valeurs.

C’est d’ailleurs pour ça que j’ai fait un résumé du conte : ma Rose Latulipe ne raconte pas l’histoire traditionnelle. C’est plutôt une histoire allégorique qui fait allusion à la situation actuelle de la musique traditionnelle québécoise. Je ne vous ai donc rien révélé de la chanson. 🙂

Autrefois dans un village
La jeune Rose dansait
Un fier sourire au visage
Elle s’élançait

Dansant le cotillon et les reels
Son beau jupon tournait en vrille
Tous les galants, tous les pauvres diables
En soupiraient

Les gens venaient de loin
S’ébahir devant elle
Sa grâce était telle
Qu’ils l’admiraient jusqu’au matin

Maintes années s’écoulèrent
Et Rose continuait de danser
Toujours si bien, l’air aussi fier
Sans s’arrêter

Mais peu à peu les habitants
De sa danse parurent se lasser
L’un après l’autre, la quittèrent
Jusqu’au dernier

Quand elle remarqua
Que nul n’était resté
Elle n’arrêta pas pour autant
Mais continua le cœur peiné

Au milieu du silence
Elle tournoyait avec souplesse
Seule avec son élégance
Et sa tristesse

Ainsi vit la pauvre Rose
Depuis de nombreuses décennies
Comme si l’éclat de son art
Avait terni

C’est à peine si au jour de l’an
Elle devient une curiosité
Et peut revivre sa gloire d’antan
Pour une soirée

Mais sitôt minuit sonné,
Elle retombe dans l’oubli
Partie pour une autre année
Sans aucune compagnie

Et si nous avons notre Rose
C’est que chaque nation a la sienne
Qui garde la cadence
Malgré sa peine

Mais si vous vous inquiétez
Je vous rassure à l’instant
Les Rose de ce monde ont toujours
Passé l’épreuve du temps

Qu’on redécouvre son talent
Ou qu’on lui tourne encore le dos
Rose n’arrêtera pas de danser
De sitôt

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s