The Man in the Moon Came Down too Soon

« The Man in the Moon Came Down too Soon », ou « L’homme de la lune descendit trop tôt » est un poème de Tolkien. Il porte sur le personnage de l’homme de la lune, élément du folklore anglais, mais en l’incluant dans l’univers de la Terre du milieu. Ce poème était un vrai défi de traduction, considérant la fréquence des rimes, mais je dois m’avouer fier du résultat final, même si d’éventuelles retouches ne sont pas à exclure.

The Man in the Moon had silver shoon,
and his beard was of silver thread;
With opals crowned and pearls all bound
about his girdlestead,
In his mantle grey he walked one day
across a shining floor,
And with crystal key in secrecy
he opened an ivory door.

On a filigree stair of glimmering hair
then lightly down he went,
And merry was he at last to be free
on a mad adventure bent.
In diamonds white he had lost delight;
he was tired of his minaret
Of tall moonstone that towered alone
on a lunar mountain set.

He would dare any peril for ruby and beryl
to broider his pale attire,
For new diadems of lustrous gems,
emerald and sapphire.
He was lonely too with nothing to do
but stare at the world of gold
And heark to the hum that would distantly come
as gaily round it rolled.

At plenilune in his argent moon
in his heart he longed for Fire:
Not the limpid lights of wan selenites;
for red was his desire,
For crimson and rose and ember-glows,

for flame with burning tongue,
For the scarlet skies in a swift sunrise
when a stormy day is young.

He’d have seas of blues, and the living hues
of forest green and fen;
And he yearned for the mirth of the
.                                            [populous earth
and the sanguine blood of men.
He coveted song, and laughter long,
and viands hot, and wine,
Eating pearly cakes of light snowflakes
and drinking thin moonshine.

He twinkled his feet, as he thought of the meat,
of pepper, and punch galore;
And he tripped unaware on his slanting stair,
and like a meteor,
A star in flight, ere Yule one night
flickering down he fell
From his laddery path to a foaming bath
in the windy Bay of Bel.

He began to think, lest he melt and sink,
what in the moon to do,
When a fisherman’s boat found him far afloat
to the amazement of the crew,
Caught in their net all shimmering wet
in a phosphorescent sheen
Of bluey whites and opal lights
and delicate liquid green.

Against his wish with the morning fish
they packed him back to land:
‘You had best get a bed in an inn,’ they said;
‘the town is near at hand’.
Only the knell of one slow bell
high in the Seaward Tower
Announced the news of his moonsick cruise
at that unseemly hour.

Not a hearth was laid, not a breakfast made,
and dawn was cold and damp.
There were ashes for fire, and for grass the mire,
for the sun a smoking lamp
In a dim back-street. Not a man did he meet,
no voice was raised in song;
There were snores instead, for all folk were abed
and still would slumber long.

He knocked as he passed on doors locked fast,
and called and cried in vain,
Till he came to an inn that had light within,
and he tapped at a window-pane.
A drowsy cook gave a surly look,
and ‘What do you want?’ said he.
‘I want fire and gold and songs of old
and red wine flowing free!’

‘You won’t get them here,’ said the
.                                    [cook with a leer,
‘but you may come inside.
Silver I lack and silk to my back –
maybe I’ll let you bide.’
A silver gift the latch to lift,
a pearl to pass the door;
For a seat by the cook in the ingle-nook
it cost him twenty more.

For hunger or drouth naught passed his mouth
till he gave both crown and cloak;
And all that he got, in an earthen pot
broken and black with smoke,
Was porridge cold and two days old
to eat with a wooden spoon.
For puddings of Yule with plums, poor fool,
he arrived so much too soon:

An unwary guest on a lunatic quest
from the Mountains of the Moon.

L’homme de la lune avait un costume
Et des souliers d’argent
Et des perles pâles et de grandes opales
Paraient ses vêtements
Dans son manteau gris il marchait, la nuit,
Sur son vaste territoire
Et dans sa demeure il monta, rêveur,
Tout au haut de sa tour d’ivoire

Dans son escalier aux marches argentées
Léger était son pas
Tout heureux qu’il était lorsqu’il songeait
Au monde plus bas
Il avait perdu goût en ses blancs bijoux
S’ennuyait dans son minaret
De hautes pierres claires, froides et austères
D’où il observait

Il braverait tous les périls pour avoir des béryls
À mettre sur son pâle habit
Pour des diadèmes sertis de gemmes,
De saphirs et de rubis
Seul dans sa tour, il passait ses jours
À contempler les humains
Et écouter les airs montant de la terre
Jusqu’à son monde lointain

Dans la lune pleine, en son domaine,
Il patientait en soupirant
Ignorant les lueurs de sa blanche demeure
Car son désir était ardent
Pour les flammes qui dansent, pour
.                                        [l’incandescence
Pour les cœurs en fête
Pour le ciel rougeoyant d’un soleil levant
Avant que vienne la tempête

De sa tour lunaire, il admirait la mer
Et contemplait les plaines
Il enviait la gaieté des villes agitées

Par les grandes fêtes humaines
Il admirait les chants, les rires insouciants,
La viande, la pipe et le vin
S’étant vite lassé de sa vie reposée
Dans son monde opalin

Fébrile il pensait aux innombrables mets
Aux boissons et au confort
Mais s’étant penché, l’imprudent perdit pied
Et comme un météore
Comme un astre qui luit, avant Yule d’une nuit,
Il tomba de son ciel
Du haut de sa lune jusqu’à l’eau et l’écume
De la vaste baie de Bel

Craignant de se noyer, tout alarmé,
Il ne savait que faire
Quand un équipage le trouva, au large,
Et, étonnés, ils l’attrapèrent
Pris dans leurs filet, il brillait
D’un éclat phosphorescent
D’un blanc teinté de reflets bleutés
Et de vert étincelant

Contre son gré, dans la matinée
Ils le laissèrent sur la plage
« Trouve ton chemin, la ville est non loin »
Dirent-ils, quittant le rivage
À son approche, seule une cloche
Haute dans la tour de guet
Salua l’arrivée d’un tel étranger
Que personne n’attendait

Ni âtre ni rires ne l’accueillirent
En ce matin froid
Il n’y avait que de la boue et des cendres là où
Il espérait des feux de joie
Nul individu n’égayait les rues
Nul chant ne s’élevait
Seuls des ronflements car les habitants
Profondément dormaient

Aux portes il levait chaque loquet
Mais ses tentatives étaient vaines
Quand il mit le nez à la fenêtre éclairée
D’une petite taverne
Un cuisinier le toisa et grommela :
« Que viens-tu faire si tôt? »
« Je veux du feu, des chants, des histoires d’antan
Et du vin rouge coulant à flots! »

« Rien de tel ici », l’homme lui répondit

« Mais je te laisse entrer
Je manque d’argent et de beaux vêtements –
Peut-être pourras-tu rester »
Quelques perles et de la dentelle
Pour être le bienvenu
Pour s’asseoir quelque peu au coin du feu
Il lui coûta vingt fois plus

Il fallut qu’il donne cape et couronne
Pour apaiser sa faim
Et comme seul repas, dans un bol en bois,
Il eut, en guise de festin,
Une soupe froide, maigre et fade
À manger sans nul ami
Il était arrivé trop tôt pour fêter
Yule en bonne compagnie

Un voyageur atypique dans une quête lunatique
Bien trop loin de son pays

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