Bedd Gelert

Bedd Gelert est une légende que je connais depuis que je suis tout jeune. Elle est originaire du Pays de Galles (son nom provient d’ailleurs du gallois – je vous invite à le traduire après votre lecture, pour éviter de vous révéler quoi que ce soit). C’est la première histoire que j’ai mise en chanson, il y a à peu près un an.


© François-Félix Roy 2018 

Fut un prince n’ayant au monde qu’un fils
Et comme fidèle garde un chien à son service
Le vieil animal protégeait le berceau
Son maître, en chuchotant, lui adressait ces mots :

« Oh, Gelert
Oh mon vieil ami

Par-delà mes terres, il me faut partir
Je vois que tu te dresses, brûlant de venir
Or toi seul as ma confiance, protège mon nouveau-né
Mon fils est sans défense, reste à son côté

Oh, Gelert
Je te confie sa vie »

Sitôt le maître sorti, Gelert se leva
Au chevet du petit, sagement il veilla
Il entendait sa calme respiration
Mais non loin un souffle rauque troubla son attention

« Oh, Gelert
Je te confie sa vie »

Dans l’angle de la porte un loup écumait
Son flair attiré par l’enfant qui sommeillait
Or Gelert avait au cœur une loyauté suprême
Alors quand le loup bondit, Gelert fit de même

Le chien combattit l’assaillant
Le loup, avec force, le mordit
Les draps sur le petit
Étaient maculés de sang
Le loup succomba dans un coin
Sous les coups du brave chien

Le prince, à son retour, vit son fils, le sang au corps
Sans voir qu’il dormait, il crut son enfant mort
Puis se tourna, avec horreur, vers Gelert, la gueule en sang
Croyant venger son nouveau-né, il tua l’innocent

Dans le silence de la pièce, soudain, surgirent des pleurs
L’enfant s’étant réveillé à la mort de son sauveur
Alors le prince vit le corps du loup, caché non loin,
Il comprit sa grave erreur et s’écroula près du chien

Depuis ce jour funeste
Le prince pleure son ami

« Oh, Gelert
Je t’ai confié sa vie »